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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 01:50

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insomnie

Psychologies.com (lol)

 

Bon maintenant que j'ai fait les recherches nécessaires, je peux recommencer à dire ce qui me passe par la tête. Ou plutôt à me demander ce qui me passe par la tête... Si on était dans une chanson, ça pourrait faire "You were.." (ouais les chansons c'est en anglais)- bref. "You were falling asleep, when suddently..." Et pourtant c'est pas si soudain, mais tu le sens arriver. Je fais des efforts. C'est à dire que je capitule très rarement, quitte à passer de nombreuses heures à tourner en rond dans mon esprit et dans mon lit.


On reprend du début. Non, en fait, j'ai pas envie.

Bon, on reprend juste de ce soir. "Cool, il est pas trop tard, j'ai fait des trucs chouettes dans ma journée, je vais me coucher, et demain sera un autre jour" (déjà, les gens qui parlent en phrases toutes faites sont terriblement ennuyeux, heureusement que je me suis pas dit ça en vrai). 


Ton lit il est cool, tes p'tits chats sont cools (si je check là, j'en ai trois, bon y'a un problème quelque part, mais soit... ), tout est cool. Tout est trop bien, sauf...


-BAM-


Tourbillon et spirale, déluge infernal, tempête sous le crâne de l'éveillée, chaos, enfer et damnation. "AAAAH j'ai fait une boulette" tu fais le vide. tu t'endors... et ça revient tout seul. Comme un Songify this ( ~can't hug every cat~), et ça sort plus. 


Quand ça fait plus de deux heures, t'as l'droit d'envoyer bouler le marchand de sable (ces derniers temps en plus, j'avais pas trop de problèmes de sommeil, peut être que le terme "marchand" indique qu'il y a une contrepartie à ses services, et si c'est le cas je suis en train de payer ma dette). ça fait trois semaines que je ne dors plus.


Du coup tu fais plein de trucs dans ta tête : tu joues de la guitare dans ta tête, tu chantes dans ta tête, tu règles tes comptes dans ta tête, tu répares le passé dans ta tête, tu changes le cours des choses, tu inventes des machines à téléportation, tu deviens célèbre, tu te caches dans une grotte, tu voyage-voyage, et tu écris des textes. Dans ta tête.


Putain de nuit de merde. Je vois pas trop l'intérêt. "hey les mecs, j'ai une idée trop cool... on pourrait faire la moitié du temps, la moitié des individus de la planète ils voient rien !! non ? elle est pas trop bonne celle-là ?" -j'vois suffisamment pas clair la journée, pour qu'on m'rajoute pas la nuit, m'voyez. < "How can you swim when the waters are streaming in you">


Du coup, je repensais à ce qu'on m'a dit, de la différence entre la douleur et la souffrance La douleur en tant qu'elle est ce qui fait mal, la souffrance en tant qu'elle est tout ce qu'on amène de greffage névrosédemerde autour. La souffrance, c'est l'opium du névrosé. "Super, je doute ! Et je fais de ma vie exactement pas-du-tout ce que je voudrais en faire, et ça me fait tellement souffrir que ça me rend heureux". Mais ça on le sait pas. 


J'ai pensé à la douleur d'être. Celle de quand tu dois exister parce que t'es là. T'as pas choisi d'être là, mais tu te prends cette injonction dans la gueule chaque jour : "existe !" [Du Latin "Sortir de, se manifester, se montrer"

La douleur d'être parce que tu as fait des choix qui t'ont conduit à te positionner différemment et à accepter d'être malgré toute la hargne que d'autres avaient mis à ce que tu ne sois pas. Trauma-bis. Parce qu'être, c'est aussi "avoir un corps" et avoir un corps "c'est savoir s'en servir" (dixit les théories analytiques). Juste une enveloppe, un truc visible, ta carte pour exister, pour te manifester, qui réside en des caractéristiques dont tu n'as pas choisi la moitié, et qui te disent. (et là j'ai envie de dire "non mais allô quoi !") Tout ce qu'il y a dedans ça compte pas, parce que pour le faire sortir il faut justement se servir de ce corps, maladroit, toujours à côté < "Long are the days when you're aching to say but your teeth bite your tongue" > et utiliser les signifiants, ceux qui disent jamais ce qu'on veut dire. On se passe tous à côté dans l'indifférence la plus totale. Je veux apprendre à me détacher. 


Je crois que chacun on se vole des bouts les uns les autres, et on les rend pas. Parce que tout le monde veut grapiller son bonheur, on prend par-ci, par-là, et on rend pas au bon endroit. Après, on te fait des remarques sur ta mine ou ton négativisme, et tu as même pas le droit de répondre "mais c'est parce que j'ai trous partout à l'intérieur du corps, connard !". ça c'est pas exister. 

 

Ben si vous, vous arrivez à vous en foutre, faut m'apprendre.

 

La nuit d'avant (pas genre avant, mais encore avant), j'avais dit :


« J’ peux pas dormir j’ai bu trop de coca »

« My oh my, it hurts sometimes… »

 

S’épuiser en paroles inutiles qui disent pas ce qu’on veut qu’elles disent

«long is the way when you’re aching to say but your teeth bite your tongue»

Pas dormir, pas manger, marcher.

« How can you swin when the waters are streaming in you »

Les angoisses de la nuit, les angoisses du réveil, de quand on voudrait que ça s’lève pas. Elaborer des stratégies pour rendre les nouvelles journées qui débutent attrayantes…

« YOU’D BETTER ROLL UP YOUR SLEEVES, it’s hard to believe but it’s you… »

Ça r’commence tout l’temps…

“Hard is the floor as the waves pound the shore of your wounds”



Bon après j'ai changé d'avis. Je veux pas m'enterrer non plus, même si je suis sûre qu'il fait moins chaud. J'ai envie de foutre des ressorts sous mes baskets et d'avoir des dents qui brillent, et de porter des couleurs fluos comme dans les annés 90. Rannafoot. 

Et me dire que je m'en fous quand ça fait mal, quand ça t'fait des trous dans l'corps, et que t'as envie de te laisser aspirer à l'intérieur pour plus exister, et qu'on arrête d'appuyer sur le trou tout le temps. y'en a même qui essaient de mettre du scotch ou des bouts de papiers. Euh j'suis pas super calée en ces trucs, mais je crois pas que ce soit physiquement possible de boucher un trou noir avec des remèdes de grand-mère, des phrases toutes faites et des attitudes à la con. (mais c'est pas grave, ils veulent juste prendre des bouts...)

 

Voilà. 

Maintenant que j'ai dit à peu près un dizième de ce que j'avais en tête, je pense que je vais pouvoir dormir. ça fait vachement de bien !

 

[c'est fini, tu peux cliquer sur la croix]

 

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commentaires

V
<br /> ça serait tellement pratique si tout les patients écrivaient ce qu'ils ont dans la tête.<br />
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