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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 23:39

lost-in-translation1.jpg

 

Si tu no vuelves, no habrà esperanza ni habrà nada

Caminaré sin tin, con mi tristeza bebiendo lluvia…

Y cada noche vendrà una estrella a hacerme compañia

que te cuente como estoy y sepas lo que hay

dime amor, amor, amor....estoy aquì, ¿no ves?

 Si no vuelves no habrà vida no sé lo que haré..

 

[Si tu no vuelves, Miguel Bose & Shakira, B.O. Lost in Translation]

 

 

 

Tu marches et t’es la seule à entendre les casseroles que tu traînes, et qui claquent et résonnent sur le bitume. Et y’en a tout le temps des nouvelles qui s’y rajoutent, et parfois les gens cognent dedans, et ça te ralentit, mais tu peux rien y faire parce qu’ils les voient pas.


 

C’est comme les squelettes dans l’placard, qu’y’a des bouts qui tombent quand t’as le malheur d’ouvrir le mauvais tiroir. Ça fait du bruit, ça se casse la gueule, tu refourres tout à l’intérieur comme tu peux avant que quelqu’un remarque quoi que ce soit, tu pousses, tu refermes. Et tu respires un grand coup. Et tu sais qu’à la prochaine ouverture, si le truc n’a pas pété avant, ça va être un bordel monstre à ranger. La question c’est de savoir pourquoi on peut pas juste les jeter. Ils sont scellés. ça les empêche pas de te tomber sur la gueule de manière régulière, et d'emporter des bouts avec eux, qu'ils planquent dans le noir tout au fond, et que tu galères à retrouver. Et tu sais qu'ils sont là, juste t'arrives plus à les atteindre, ou quand tu les trouves ils sont plein de poussière, ou abîmés, et tu sais pas réparer les trucs, t'as juste appris à les préserver. Quand c'est cassé, c'est cassé, on répare pas avec de l'or qui rend plus joli, on répare avec un pistolet à colle qui fait des traces dégueulasses, et ça pue le fake, parce que j'ai pas les bons outils. Alors je suis décollée de moi-même, je me barre en lambeaux qui puent la mort, j'envoie des bouts partout qui font chier les gens, et je m'éparpille...

 

I came in like a wrecking ball

I never hit so hard in love

All I wanted was to break your walls

all you ever did was wreck me

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 02:08

« La biographie d’une pensée », d’un sentiment.


Le bruit des autres n’est rien face au bruit de l’Autre en toi, petit parasite à peine perceptible, insecte pris dans une tornade F12.


"À de certaines heures, pénétrez à travers la face livide d’un être humain qui réfléchit, et regardez derrière, regardez dans cette âme, regardez dans cette obscurité. Il y a là, sous le silence extérieur, des combats de géants comme dans Homère, des mêlées de dragons et d’hydres et des nuées de fantômes comme dans Milton, des spirales visionnaires comme chez Dante." 


Combien de temps on peut marcher avant d’avoir mal aux pieds ? Ça dépend des chaussures, mais aussi du terrain, et de l’endurance, de tout ce qu’il y a autour. C’est pas facile la randonnée. J’ai arrêté de marcher, je cours, je m’épuise, je fais des crises d’asthmes et je préfère prendre de la Ventoline que d’arrêter de courir. Est-ce qu’on va me dire que je dois quitter la course, sous prétexte que ça nuit à ma santé alors que ça me tient ? Non. Des fois même on pourrait parler de courage. Alors pourquoi pour le reste, on peut me le demander ?


C’est ça, un « être-là sans faille», quelles qu’en soient les raisons et les conséquences, une observance à toute épreuve, et le mot est choisi. Et je m’en fous, parce que si c’est pas maintenant c’est jamais, et c’est faux de dire que je m’empêche de vivre, mais peut-être juste que mes priorités et celles des autres sont pas les mêmes, et après, je fais bien ce que je pveux.


C’est imbuvable, cette soupe de ruminations, y’a des croutons décomposés dedans, va falloir filtrer tout ça. Trouver les bons outils.


 

Y’a juste plus rien ailleurs, si tu te fais contrôler ce soir, c’est clair t’es positive. A part ça, le vide. C’est plutôt comme un genre de gros tuyau surpuissant qui t’aspire, non en fait t’es un fantôme dans Ghostbuster, et y’a un Proton Pack quelque part autour de ton corps qui essaie de t’emporter. Du coup, vas-y faire des trucs tout en essayant de te retenir à tout ce qui passe… T’essaies juste de te dire que c’est toi qui a la plus grande réserve d’hainergie


T’as pas besoin de couler au fond du verre, petite olive, pour te sentir partir.


 

L’euphorie d’une fusion évaporée en une fraction d’intensité descendante. A moins que ce ne soit une nouvelle illusion.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 01:57

Pop-goes-the-weasel-by-Chris-Mars.jpg

Pop goes the weasel by Chris Mars

 

 

Comme il était beau dans son costume d’illusionniste, maniant les semblants comme nul autre artiste.

Comme il était beau dans son costume d’amant, celui qui demande, qui prend tout et qui rend. Comme il était beau quand il était montait sur scène, quand il tenait son rôle et qu’il te faisait reine.

Comme il était beau quand il semblait sincère

Comme il était beau dans la lumière…

 

Les spectacles de magie sont comme les grands illusionnistes, ils nous font rêver jusqu’à ce qu’une ombre les ternisse. Rien de plus fascinant qu’un magicien au travail, rien de plus attristant qu’un mime esclaves de ses batailles.

Il balance du rêve, et des étoiles, et des paillettes, et toi tu bois ses mots, ses regards, tu en perds la tête. Tu suivrais la roulotte jusqu’au bout de la tournée, même si les spectacles ne te sont jamais destinés. Tu l’étreindras le soir, lui disant qu’il fera mieux demain. Tu ramasseras le verre en te faisant saigner les mains. Tu partageras ses peines, ses peurs, ses monstres et ses folies, jusqu’à les faire tiennes, jusqu’à ce qu’il les oublie. Tu donneras de ton âme, de ton sang, de tes tripes, pour faire vivre un magicien qui ne se sent bien que dans son mythe. Tu  lâcheras sur ta vie pour faire consister la sienne, tu marcheras dans l’ombre pour qu’il puisse monter sur la scène.

L’illusionniste est beau parleur, l’illusionniste endort tes peurs. Dans le vacarme assourdissant de tout ce qu’il traîne en lui, ton silence de plomb résonne plus que tes cris.

He gave you wings, and proofs and smiles, a thousand fucks to bring you to life. He gave his time, he shared his life and said things no one ever said to you. Do you still think that your messiah is gonna save you now ?

Le spectacle est à durée limitée. Tu prends ton ticket comme n’importe quel autre clampin, tu viens voir de la mise en scène, de l’illusion, du mensonge, des tours qu’envoient du rêve. Tu retardes l’échéance, tu ralentis le compte à rebours, tu refuses de quitter le chapiteau, tu t’accroches aux balustrades, tu rampes, mécanique, tu pleures pour une autre minute de bonheur. Tu flattes l’égo de l’acteur, quitte à y perdre ton honneur, la dignité c’est pour les durs, toi tu t’en fous tu t’abjures.

Ton numéro fonctionne un temps, le magicien devient enfant. Il se lasse vite, il en a marre, c’est toi qui redeviens le chiard. On t’attrape par le fond du slip, tu sens plusieurs mains qui t’agrippent, et sans que t’aies eu le temps d’ouvrir les yeux, tu atterris sur le sol boueux.

Hors du chapiteau, les nuages sont noirs et menaçants. Tu vires le reste de terre que tu retrouves entre tes dents. T’essuies tes yeux mouillés d’un revers de main décharnée… tu te demandes à quel moment tu t’es laissée épuiser.

L’illusionniste est dans sa loge, la fantaisie est terminée. Demain il partira pour la suite de la tournée. Il n’a besoin que d’un coton et d’une serviette pour virer le maquillage qui faisait de lui la vedette. Ce soir il s’endormira paisiblement, en pensant aux prochains cris joyeux des enfants.

Et toi, sombre folle, tu erres autour du chapiteau comme si le sillon que t’y creuses l’empêcherait de partir tôt. Tes amis viennent te chercher, ils te ramènent à manger, te demandent de revenir vers la ville, de quitter le site qui deviendra vite terrain vide. Tu résistes un peu, parce que t’as déjà vendu ton âme, mais sans force ni volonté, tu restes sommes toutes malléable. On te promet d’autres spectacles, d’autres étoiles, et fééries, tu t’en balances pas mal, c’est ici que t’as laissé ta vie. Comme on te traine de force, alors que le jour se lève, tu voies l’illusionniste en civil qui pour partir se démène. Défaire les installations l’une après l’autre, pour les ranger nonchalamment dans sa roulotte. Et tu le regardes s’éloigner dans une traînée de poussière, que tu te prends dans la gueule et qui te laisse un gout amer.

Tu attendras la prochaine tournée pour le voir entrer dans la lumière, tu le reconnaîtras et cela te rendra fière.

 

Comme tout illusionniste, il a besoin de son public, mais pour que la magie fonctionne il faut qu’il se renouvelle vite.

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 23:17

 

 

(ben j'ai pas remué ciel et terre, hein, j'ai juste remué la merde et c'était déjà une vaste entreprise, je pense que je pourrais encore continuer pour toute une vie, voire m'en faire un hobby (jouflu ?))


 


 

 

Je te sens je te joue je te mise je te perds

je te veux je m'entête je remise je reperds 

je te joue…

Je te sens je te joue je te mise je te perds

je te veux je m'entête je remise je reperds 

je rejoue…

 

Ce soir je dors près de toi

dans la même chambre

sous le même toit

 

ce soir je dors éveillé

l'esprit dehors je t'entrevois

 

ce soir je dors près de toi

comme à chaque fois

je ne m'y fais pas…

 

Si loin de toi mon amour

Si loin de toi 

 

 

 

 

Tu ouvres les yeux, le soleil est levé, le volet claque, il fait froid. Quelle heure il est ? 12h30. 

Tu regardes à côté de toi. Il est beau. Attraction, répulsion, deux options. "Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?" Vite, la fuite. "Il est quelle heure ?", merde, tes chaussures font trop de bruit. 


T'aurais pas dû croire que vous iriez là où vous aviez dit que vous iriez, t'aurais pas dû te laisser emporter, t'aurais pas dû laisser faire. Ou t'aurais dû prendre plus, "au cas où c'est jamais mieux après", et t'aurais pu faire mieux. On peut toujours faire mieux, on peut toujours regretter. On peut toujours avancer, même quand on a les chaussures bloquées dans du ciment à prise rapide, faut juste partir vite et voler un peu. Fastoche.


On peut choisir où on va et comment, mais on peut pas décider de comment ça va se passer, ni de ce qu'on ressentira, et on peut pas tous se mentir de la même manière. On peut essayer de ne pas dépendre des autres, et avoir envie de mourir moins vite. Ou alors on peut se dire que l'opium du raté, c'est de l'opium quand même, et qu'il en faut des trucs pour tenir dans la vie, et si c'est pas des gens ça peut être des objets. Les lathouses. 


C'est pas d'ta faute si t'y as trouvé comment border ton être et limiter la répugnance que t'éprouves à l'égard du fait d'avoir un corps. Et si ça fait mal après c'est parce qu'on arrache la flêche, pour la balancer à quelqu'un d'autre. Genre ça va tellement mal dans le monde que le fils de Vénus est obligé de faire du business et de voler ce qui n'est plus à lui. Merci Gamin.


Et après on fait quoi du trou ? Chacun amène son p'tit bout de scotch pour cacher la misère, bouh, il faut pas nous montrer ça, allez voilà. C'est le même effet que la perruque, rabattre le besoin sur la demande, genre ça y est t'en as une, t'as des cheveux maintenant alors ça va mieux non ? Non. 

P't'être le scotch ça tient un truc, j'en sais rien, p't'être les agrafes ça marche mieux. En attendant, c'est pas guéri, et ça commence à pourrir, et t'es la seule à sentir comme ça pue la mort à l'intérieur de toi, et le maquillage ça sert à rien, parce que c'est pourri ! T'as ta place en Zombie Walk et après ? Les gens rentrent chez eux, la fête est finie et tu tournes en rond. 


T'as pas fini de gerber ta vie ? Ben non, parce que ça fout le bide en vrac la descente, je m'en vomis encore.


Mais ce serait tellement plus simple si t'avais pas envie de foutre des baffes au miroir, si t'avais pas cette image d'une ado de 14 ans obèse et dégueulasse imprimée sur tes rétines, si t'avais pas l'impression que tout ce qui sort de toi c'est de la merde, et pourtant tu manges plus si souvent. Si t'avais pas envie de t'enterrer à chaque fois qu'on te dit que t'es pas assez bien, et si tu chialais pas comme une connasse dès qu'un barbelé te sert le coeur d'un peu trop près. "Roh, ça va ! - ah ouais, ça va en fait !"


Putain de merde...

Un gros coup dans la gueule, on y retourne comme en 40, on se plonge dans des trucs qu'on sait bien qu'ils font autant de bien qu'un bain d'acide. 

On fume des clopes, on enchaîne les crises d'asthme, "une bouffée d'asphyxie, suffocant oxygène", on chiale des trucs qui brûlent comme du gel contre les douleurs musculaires quand tu te frottes les yeux sans t'être lavé les mains.

-Et je peux même pas mettre la suite parce qu'elle était fausse-


Ben oui, je parle qu'à moi même, y'a même pas assez de mots pour tout dire, pour expliquer, pour symboliser, et tuer. "le mot c'est le meurtre de la chose", et là on est grave dans le réel, et le réel y'a pas de mot. ça t'amène juste au bord du trou, un truc vide, même pas noir, rien, sans étoiles dedans. Une explosion de trippes non-soumises à la gravité. ça s'expulse, juste, et ça revient, ça déplace tout à l'intérieur et t'as l'impression que tu vas crever. Tu fais des crises d'angoisses au milieu de la nuit.


Tu te fais emporter par un courant violent, et quand tu croises des rochers c'est pas pour s'accrocher c'est pour se fracasser la gueule. Alors ça va deux minutes, les coups de pelle et les petits cailloux, mais va falloir penser à se forger une armure, genre la même qu'avant qui fonctionnait bien, de l'extérieur en tout cas. Faut juste éviter les gens qui détiennent ta cryptonite parce qu'une armure ça coute BEAUCOUP à fabriquer, et t'as pas que ça à foutre de ta vie non plus. 


Mais t'as quand même envie de prendre ce qui se présente, et de voir "la lumière", ou le reflet que t'en renvoies, de donner jusqu'à t'assécher complètement, et d'attendre sans attendre, et d'être là.


Parce que comme je viens de l'inventer depuis toujours : "au bout du tunnel, on trouve toujours l'autre bout du tunnel".


Et là on dit "ça va être tout noir !!" ... Merci.


 





(si après ça personne ne prend son courage à deux mains pour venir me tuer...)

 

 

 


 
 

 

 

 

 

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:20

Acte I, scène 1

Rencontre, ratages, et arrimage

 

Acte I, scène 2

Mise en place d’un nouage serré

 

Acte I, scène 3

Traversée idyllique

 

Acte I, scène 4

Fin des festivités, et tourbillons chaotiques

 

Acte II, scène 1

Nouveau départ

 

Acte II, scène 2

Feels like heaven

 

Acte II, scène 3

Disparition magique.

 

Rideau.

 

Le metteur en scène, rôle principal, tire le rideau et laisse le deuxième rôle en plan de l’autre côté de la scène. Il se passe quoi ?


Pourquoi personne ne m’a dit que c’était un contrat intérimaire ? C’est pas ce qu’on avait dit au départ… Je fais quoi ? Pourtant, j’ai assisté à tout, essayages, costumes, défilés, mise en place du décor, changement de décor, constructions, mises en scène, répétitions… Le script a pas été écrit comme ça à la base, c’était plus beau, ça durait plus longtemps. Et la complicité entre les acteurs ? et les éclats de rire ? Le public va se rendre compte d’un truc qui cloche.

Est-ce que ça fait partie de la pièce ? Est-ce qu’il faut regarder le rideau fermé qui se présentifie ? Est-ce qu’il faut partir parce que la pièce est finie ?

« y’a quelqu’un ? »

Personne ne répond, et pourtant le rideau bouge, y’a même eu un peu de lumière pendant un temps.

Je ne peux pas partir, je ne peux pas perdre ce rôle.

Je ne peux pas rester, ça fait 8 jours que j’attends derrière le rideau, et toujours rien. J’ai même pas mangé.

Est-ce que je suis viré ? Est-ce que c’est un test, une blague ? Est-ce qu’il est arrivé quelque chose au metteur en scène ? Est-ce qu’il n’a pas réussi à trouver à quelle place il pouvait me mettre ? Est-ce qu’il a peur de me dire de remonter sur scène parce que ça fait 8 jours que j’attends ? Est-ce que le précédent second rôle réclame sa place ?

 

 

Peu à peu tu sens les fils accrochés à tes bras se faire très lourds. Ils te portent encore, parce que tes jambes ne le peuvent plus. T’es pas sorti de scène tout seul, on t’a poussé. T’as été mis en place de spectateur, t’y es pas allé de ton plein gré. Ou peut-être un peu. 

Et tu te damnerais pour pouvoir rejouer rien qu’une scène, un acte. Faire une tournée… Mais... est-ce que ça fait partie de la pièce ? Est-ce que c’est un problème technique, ou est-ce que ce sera pareil à chaque représentation ? Qui joue, et qui regarde ? T’as oublié de jouer ton rôle, perdu que t’étais dans tes fils invisibles. Tu l’as laissé écrire le scénario sans même t’en rendre compte. Il a tout modifié et t’as laissé faire parce que sa version était vachement mieux que la tienne. Mais maintenant qu’il a repris le script, qui joue ? Et qui regarde ? Et combien de temps, avant que le rideau fermé ne provoque plus aucune émotion, ne convoque plus aucun sentiment ? Combien de temps avant que tu te décides à lâcher la pièce, et tant pis pour les acteurs ? Que tu te décides à faire un casting ailleurs ? Ou de prendre des vacances.

Parce que pendant que tu te laisses crever derrière ton rideau fermé, les figurants montent sur scène. Il les fait monter, les fait descendre. Et toi t’attends ton tour, con que t’es. Et comme t’as rien de mieux, t’attends encore…

 

*****

 

 

à propos de La bête dans la jungle, Henry James

Extrait de cours, E. Borgnis-Desbordes :


John Marcher attend et a toujours attendu. Il vit pénétré de la certitude que sa vie, tôt ou tard va être bouleversée. Fascinée par cet homme si sûr de son destin, May Bartram décide de partager l’attente mais non sans interpeller John Marcher sur son engagement de désir. C’est elle qui attend, qui est capable de supporter l’attente, parce qu’elle est amoureuse. […]

John aimerait savoir, là où May aimerait qu’il la désire. […]

May, elle, fait le choix d’attendre, de se soumettre au bon vouloir de cet homme qui tarde à reconnaitre ce qui pourtant est là sous ses yeux : la présence d’une disparité radicale entre les êtres et les positions liées à un réel qui, en creux, détermine les places et les positions de jouissance. May a une longueur d’avance car elle sait, elle, ce qui de la jouissance et du semblant est disjonctif. […]

May a engagé son être et peut donc attendre, elle n’a plus rien à perdre. Marcher, lui, se débat comme sujet aux prises avec ses aveuglements et contradictions. […]

Le scénario est écrit d’avance dès la première rencontre. May devra se retirer comme trace et comme présence pour que Marcher puisse s’autoriser à désirer et à aimer. « Il comprit brutalement que ce qu’il avait laissé passer, c’était elle, May Bartram». Il fallait qu’il le perde pour qu’il réalise qu’il le possédait. « Qu’est-ce que cet homme avait possédé qui, une fois perdu, le torturait ainsi tout en le laissant en vie ? » et « ce qu’il regardait d’un air hébété n’était autre que le vide bruyant de son existence. Il fixait ce vide, soupirant et souffrant ». Il lui fallut le vide de présence de May pour mesurer la présence d’être à côté de laquelle il venait de passer. Il était face au vide, amoureux.

La disparité était évidente. May est partie en ayant vécu parce qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et qu’elle a consenti, amoureuse, à un bord d’existence auprès de lui. Lui n’avait jamais pensé à elle qu’à travers le froid intérêt de son égoïsme et à la lumière de l’utilité qu’elle avait pour lui. […] « May Bartram s’était alors détournée de lui désespérée […] Il avait échoué exactement là où il devait échouer ». Echec de l’être et réussite de l’inconscient.

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 00:05

Parce que t’en as marre de céder aux bassesses de l’émotion, mais que t’arrives pas à te blinder.

Parce que t’es promis de faire confiance à personne mais que t’arrives pas à ne rien attendre.

Par ce que les promesses t’y crois pas mais t’es quand même déçu.

Parce que tu voudrais bien apprendre à te détacher.

Parce que t’as pas envie d’être spectateur de ta vie mais que l’action est trop lourde de conséquence.

Parce que t’en as marre du vide qui se comble pas, même en y foutant plein de substituts d’amour.

Parce que l’amour c’est de la merde.

Parce que des fois t’as envie de foutre des baffes à l’Autre et lui demander ce qu’il te veut.

Parce que le chocolat c’est moins cher que le psy.

Parce que le sport c’est trop dur.

Parce que tu peux essayer d’aider les autres mais que tu peux pas t’aider toi-même.

Parce que tu regardes des trucs de merde à la télé pour pas regarder ta propre vie.

Parce que tu bois trop.

Parce que commencer toutes ses phrases par « parce que » c’est trop ridicule.

Même que je m’en bats les couilles.

Et toujours à la même période c’est la même merde qui revient, sauf que tu te rends compte en écrivant que la même période elle dure quand même 12 mois dans l’année.

Parce que t’écris de la merde pour pas bosser…

 

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 00:33

Encore une fois propulsée dans des univers parallèles principalement composés de musique expérimentale et de guitares qui saignent et qui transpirent la douleur des cordes lacérées par des objets divers avariés.

Oui, c’est fait exprès. Et c’est pas une phrase, syntaxiquement, c’est pas correct.

Quand je dis « t’auras qu’c’qui brûle », ça veut dire thorax qui brûle, qu’on s’y méprenne pas, ça fait pas du bien en fait. C’est pas comme un feu de joie.

Y’a des jours avec et des jours sang, je recycle à balle, comme une roue qui tourne à l’infini. Quand t’as fait le tour, faut aller voir ailleurs. L’ailleurs, liar, comme un monde factice projeté sur l’écran géant que représente ton champ visuel. Ou bien parler à quelqu’un d’autre qu’une feuille blanche qui n’existe même pas dans le monde matériel.

Des pixels, et c’est ptêt pour ça qu’on n’en a plus… hum….

Eventuellement, se perdre dans les vies des autres pour oublier la tienne, ça sert à ça la télé, et le téléchargement légal, et toutes ces conneries d’images qui bougent.

On disait « what you give you get », comme un genre de résumé et approfondissement de « all the love you put out will return to you ». On attend toujours les effets de retour, parce que “l’amour comme un boomerang” il s’est bien foutu de notre gueule, je trouve, un peu. Alors okay, attendre, j’appelais ça l’opium du raté, je ne suis toujours pas revenue sur ce label apposé à presque tous les domaines de ma vie, par la main experte du Master Fate. En plus je comprends rien de ce que j’écris. Artaud, sort de ce corps !! (c’est un peu prétentieux, ça)

Non mais sinon ça va.

(ça va monsieur, ça va bien ?)

Aussi j’ai une chanson dans la tête qui dit « failure is a blessing in disguise », alors j’attends la fin d’Halloween (enculé).

 

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 01:50

2

insomnie

Psychologies.com (lol)

 

Bon maintenant que j'ai fait les recherches nécessaires, je peux recommencer à dire ce qui me passe par la tête. Ou plutôt à me demander ce qui me passe par la tête... Si on était dans une chanson, ça pourrait faire "You were.." (ouais les chansons c'est en anglais)- bref. "You were falling asleep, when suddently..." Et pourtant c'est pas si soudain, mais tu le sens arriver. Je fais des efforts. C'est à dire que je capitule très rarement, quitte à passer de nombreuses heures à tourner en rond dans mon esprit et dans mon lit.


On reprend du début. Non, en fait, j'ai pas envie.

Bon, on reprend juste de ce soir. "Cool, il est pas trop tard, j'ai fait des trucs chouettes dans ma journée, je vais me coucher, et demain sera un autre jour" (déjà, les gens qui parlent en phrases toutes faites sont terriblement ennuyeux, heureusement que je me suis pas dit ça en vrai). 


Ton lit il est cool, tes p'tits chats sont cools (si je check là, j'en ai trois, bon y'a un problème quelque part, mais soit... ), tout est cool. Tout est trop bien, sauf...


-BAM-


Tourbillon et spirale, déluge infernal, tempête sous le crâne de l'éveillée, chaos, enfer et damnation. "AAAAH j'ai fait une boulette" tu fais le vide. tu t'endors... et ça revient tout seul. Comme un Songify this ( ~can't hug every cat~), et ça sort plus. 


Quand ça fait plus de deux heures, t'as l'droit d'envoyer bouler le marchand de sable (ces derniers temps en plus, j'avais pas trop de problèmes de sommeil, peut être que le terme "marchand" indique qu'il y a une contrepartie à ses services, et si c'est le cas je suis en train de payer ma dette). ça fait trois semaines que je ne dors plus.


Du coup tu fais plein de trucs dans ta tête : tu joues de la guitare dans ta tête, tu chantes dans ta tête, tu règles tes comptes dans ta tête, tu répares le passé dans ta tête, tu changes le cours des choses, tu inventes des machines à téléportation, tu deviens célèbre, tu te caches dans une grotte, tu voyage-voyage, et tu écris des textes. Dans ta tête.


Putain de nuit de merde. Je vois pas trop l'intérêt. "hey les mecs, j'ai une idée trop cool... on pourrait faire la moitié du temps, la moitié des individus de la planète ils voient rien !! non ? elle est pas trop bonne celle-là ?" -j'vois suffisamment pas clair la journée, pour qu'on m'rajoute pas la nuit, m'voyez. < "How can you swim when the waters are streaming in you">


Du coup, je repensais à ce qu'on m'a dit, de la différence entre la douleur et la souffrance La douleur en tant qu'elle est ce qui fait mal, la souffrance en tant qu'elle est tout ce qu'on amène de greffage névrosédemerde autour. La souffrance, c'est l'opium du névrosé. "Super, je doute ! Et je fais de ma vie exactement pas-du-tout ce que je voudrais en faire, et ça me fait tellement souffrir que ça me rend heureux". Mais ça on le sait pas. 


J'ai pensé à la douleur d'être. Celle de quand tu dois exister parce que t'es là. T'as pas choisi d'être là, mais tu te prends cette injonction dans la gueule chaque jour : "existe !" [Du Latin "Sortir de, se manifester, se montrer"

La douleur d'être parce que tu as fait des choix qui t'ont conduit à te positionner différemment et à accepter d'être malgré toute la hargne que d'autres avaient mis à ce que tu ne sois pas. Trauma-bis. Parce qu'être, c'est aussi "avoir un corps" et avoir un corps "c'est savoir s'en servir" (dixit les théories analytiques). Juste une enveloppe, un truc visible, ta carte pour exister, pour te manifester, qui réside en des caractéristiques dont tu n'as pas choisi la moitié, et qui te disent. (et là j'ai envie de dire "non mais allô quoi !") Tout ce qu'il y a dedans ça compte pas, parce que pour le faire sortir il faut justement se servir de ce corps, maladroit, toujours à côté < "Long are the days when you're aching to say but your teeth bite your tongue" > et utiliser les signifiants, ceux qui disent jamais ce qu'on veut dire. On se passe tous à côté dans l'indifférence la plus totale. Je veux apprendre à me détacher. 


Je crois que chacun on se vole des bouts les uns les autres, et on les rend pas. Parce que tout le monde veut grapiller son bonheur, on prend par-ci, par-là, et on rend pas au bon endroit. Après, on te fait des remarques sur ta mine ou ton négativisme, et tu as même pas le droit de répondre "mais c'est parce que j'ai trous partout à l'intérieur du corps, connard !". ça c'est pas exister. 

 

Ben si vous, vous arrivez à vous en foutre, faut m'apprendre.

 

La nuit d'avant (pas genre avant, mais encore avant), j'avais dit :


« J’ peux pas dormir j’ai bu trop de coca »

« My oh my, it hurts sometimes… »

 

S’épuiser en paroles inutiles qui disent pas ce qu’on veut qu’elles disent

«long is the way when you’re aching to say but your teeth bite your tongue»

Pas dormir, pas manger, marcher.

« How can you swin when the waters are streaming in you »

Les angoisses de la nuit, les angoisses du réveil, de quand on voudrait que ça s’lève pas. Elaborer des stratégies pour rendre les nouvelles journées qui débutent attrayantes…

« YOU’D BETTER ROLL UP YOUR SLEEVES, it’s hard to believe but it’s you… »

Ça r’commence tout l’temps…

“Hard is the floor as the waves pound the shore of your wounds”



Bon après j'ai changé d'avis. Je veux pas m'enterrer non plus, même si je suis sûre qu'il fait moins chaud. J'ai envie de foutre des ressorts sous mes baskets et d'avoir des dents qui brillent, et de porter des couleurs fluos comme dans les annés 90. Rannafoot. 

Et me dire que je m'en fous quand ça fait mal, quand ça t'fait des trous dans l'corps, et que t'as envie de te laisser aspirer à l'intérieur pour plus exister, et qu'on arrête d'appuyer sur le trou tout le temps. y'en a même qui essaient de mettre du scotch ou des bouts de papiers. Euh j'suis pas super calée en ces trucs, mais je crois pas que ce soit physiquement possible de boucher un trou noir avec des remèdes de grand-mère, des phrases toutes faites et des attitudes à la con. (mais c'est pas grave, ils veulent juste prendre des bouts...)

 

Voilà. 

Maintenant que j'ai dit à peu près un dizième de ce que j'avais en tête, je pense que je vais pouvoir dormir. ça fait vachement de bien !

 

[c'est fini, tu peux cliquer sur la croix]

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 22:59

 

Attendre que la musique s’arrête.

 

J’aimerais bien que ce soit comme ça, fait de balades, et de refrains puissants, de petites pauses, et de trucs qui fracassent. T’en auras des acouphènes à coup sûr, mais la perte induit toujours un gain, c’est Lacan qui l’a dit.

 

J’avoue que j’aurais bien donné un bout de mon corps à un mur de son, histoire de fusionner un peu par les oreilles et la cage thoracique.

 

Je crois que la musique c’est trop la métaphore de la vie.

 

J’crois que j’veux qu’on m’ « emmène ».  C’est tout. Comme dans la chanson genre.  Mais pas non plus trop loin.

 

Pis à la fin, la musique ralentit, mais c’est quand même bien.

 

Fumer_peut_entrainer_une_mort_lente_et_douloureuse.gif

 

et pour le lolz quand même euh...

 

merci les gars

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 00:43

Mille clopes plus tard, tu te demandes quand ta vie pourrait bien prendre fin. 


tic tac tic tac.


C'est ton corps qui se décompose au rythme de la consomption de la cigarette, "je veux seulement oublier, et puis je fume..."


Je pourrais dire un truc genre "l'état de délabrement de mon être est proportionnel à l'évolution de l'amas grisâtre qui remplit mon cendrier", à la Fuzzati, tavu, mais je suis pas si délabrée non plus. Juste en vrac. En vrac, c'est pas cher. Et de peu de valeur, généralement.


J'ai repris les insomnies, c'est important de renouer avec le passé, mais ce sont pas des insomnies créatives. j'ai repensé au livre de Stephen King, Insomnie, et je me suis demandé dans quelle mesure on pourrait considérer que c'est un délire de type paraphrénique. Ce qui est chiant, c'est qu'il rencontre une femme qui voit les mêmes choses que lui, mais clairement tout y est, le retour de la jouissance dans le corps, les hallucinations visuelles et auditives, puis le consentement réglé à la jouissance de l'Autre. Y'aurait une bonne étude à faire. "ah oups, j'ai déjà une bonne étude à faire"


Eidol Bridge, mon sinthome. "doublé(e) d'un jumeau", "un cadavre lépreux qui traîne un autre cadavre lépreux", tout y est. On pourrait faire un feu de joie pour fêter tout ça et brûler des trucs. Clope finie. Eau. Viser l'Autre. 


Visser l'Autre. Visser l'Autre à son désir, à la place voulue, combler le manque-à-être, jusqu'à la complétude, et voir où ça nous mène. Au déménagement. 


Les heures passent, tic tac, et moi je reste. Le PC a une p'tite chauffe, c'est d'sa faute tout ça.

 

Bon je fais un planning et je dors.

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